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Tournoi "Mitchell"

Le tournoi "Mitchell" est le plus classique des tournois de bridge par paires, que ce soit en club ou pour les compétitions de ce type.

Dès qu'il y a au moins 7-8 tables, c'est celui que l'on adopte, et en-dessous c'est le Howell où chaque paire joue contre toutes les autres.

On peut aussi faire des Mitchell à 7, 6, 5 voire 4 et même 3 tables, ils sont plus faciles à organiser, avec le désavantage d'avoir à jouer beaucoup d'étuis à chaque position, ce qui est fastidieux surtout s'il y a un relais.

Fonctionnement d'un Mitchell

En Mitchell, les équipes sont réparties en deux "diagonales", NS et EW, et classées ("top", "bulle", pourcentage...) par rapport aux autres paires de la même diagonale en fonction du score qu'elles ont fait sur les donnes jouées. Le mode de calcul est détaillé dans l'article fréquences et pourcentages, dans la même rubrique. Seul compte le classement des scores : si vous avez brillamment réussi 6 Piques et que toutes les autres paires de la diagonale ont préféré jouer 6SA et les ont réussis, vous aurez un zéro...

On s'intéresse ici au mouvement lui-même, et à l'organisation du tournoi.

S'il y a un nombre impair de paires, il y a une table relais. C'est généralement la table de numéro maximal T et ce sont les EW qui y passent en relais. Ceci n'a rien d'une obligation, le relais peut être à n'importe quelle table, et il peut être en NS ce que certains clubs pratiquent pour éviter la pléthore de paires plus ou moins handicapées qui peuvent difficilement se déplacer et évitent ainsi systématiquement le relais... Il y a aussi la technique de tirer au sort si le relais sera en NS ou EW.

On distribue initialement N donnes par table, les donnes 1, 2...N à la table 1, N+1, N+2...2N à la table 2 etc. jusqu'à la NT à la table de plus grand numéro, T.

On les joue, puis ensuite les joueurs EW "montent" d'une table et les étuis "descendent". En faisant bien sûr une boucle, après T c'est 1. S'il y a une table relais pour les EW, et en supposant que la table de plus grand numéro T, la table 1 gère le relais en gardant le paquet d'étuis qui devrait être en table relais T. Elle fait ensuite porter à la table T-1 l'avant-dernier paquet qu'elle a joué.

Le nombre de positions jouées est au maximum T si T est impair, ou T-1 si T est pair car dans ce cas il y a un "saut" après la position T/2, sinon les EW retrouveraient les donnes qu'ils ont jouées au début. On se décale d'un cran en faisant sauter une position par les EW, les étuis descendant normalement. Il y a aussi la possibilité, en compétition, de faire descendre, au moment du saut, les étuis de deux tables et alors les joueurs montent normalement.

L'idéal est de se rapprocher du maximum de positions possibles, de manière à ce que chaque paire disons EW affronte autant que possible l'ensemble des NS, ce qui est plus honnête, surtout quand la population n'est pas homogène. Idem pour les NS. Ce n'est pas toujours possible, notamment en cas de saut, et en fonction du nombre de tables car toutes les positions ne seront pas jouées.

Le nombre de positions jouées est parfois inférieur au maximum possible, pour des raisons de durée du tournoi. Par exemple à 17 tables, on mettra deux étuis par table, et on pourrait jouer toutes les positions, 34 donnes, ce qui est bien long. Comme on en joue généralement 24 à 27, le tournoi sera vraisemblablement arrêté après 12 ou 13 positions. S'il y a un relais, il faut normalement que les EW aient effectivement joué 24 donnes.

Généralement,

  • on va mettre 4 étuis par table pour 7 ou 8 tables, et jouer 6 ou 7 positions, suivant le temps disponible ;
  • de 9 à 12 tables, on passe à 3 étuis et on joue 8 ou 9 positions ;
  • de 13 à 17 tables, on passe à 2 étuis par table et on joue 12 ou 13 positions.
  • et après... on verra.

Le "guéridon"

Certains tournois, avec un nombre pair T de tables, sont un peu bancals. La technique du guéridon évite le saut et permet de jouer T positions au lieu de T-1. On peut ainsi faire un tournoi de 12 tables et jouer 24 donnes, plus sympathique que 3 donnes par table et seulement 9 positions jouées.

Exemple avec 8 tables, on a la possibilité de jouer 24 donnes, 8 positions à 3 donnes par table.

On place un "guéridon" ou relais étuis, entre les tables 4 et 5 (plus généralement après la table T/2).

On distribue les étuis normalement, 1-2-3 à la table 1, 4-5-6 à la table 2, ... 13-14-15 non à la table 5 mais à la table guéridon, 16-17-18 à la table 5 etc. mais rien à la table 8, qui pendant tout le tournoi partagera les étuis avec la table 1.

C'est particulièrement simple à gérer si le tournoi est incomplet, la dernière table est relais, sinon il faut à chaque position se partager et passer les étuis entre les tables 1 et T. Le guéridon demande un peu de discipline surtout pour quelques paires NS (tables 1, T et T/2)  : gestion du guéridon (dans l'exemple, descente de la table 5 au guéridon et du guéridon à la table 4), partage des étuis entre deux tables, marquage des résultats dans l'ordre d'abord table 1 puis table T.

Intérêt du guéridon :

C'est lorsque la position supplémentaire permet de supprimer un étui par position :

A 6 tables, on joue 6 positions de 4 donnes (un Mitchell avec saut donnerait 5 positions de 5 donnes). A 5 tables et demi, le guéridon est faisable mais avec un relais de 4 donnes et on pourra préférer un Howell.

A 7,5 ou 8 tables, on joue 8 positions de 3 donnes (un Mitchell à saut donnerait 7 positions de 4 donnes c'est beaucoup de donnes ; et s'il y a une paire manquante, le relais serait de 4 donnes contre 3 en guéridon).

A 9,5 ou 10 tables, le guéridon a peu d'intérêt car de toute façon on est à 3 donnes par table et on ne peut jouer toutes les positions.

A 11,5 ou 12 tables, le guéridon permet de jouer 12 positions de 2 donnes (un Mitchell à saut nécessiterait de passer à 3 donnes par positions et donc limiterait à 8 positions jouées ce qui n'est pas optimal car  chaque donne n'est jouée que par les 2/3 des paires.

Pour un nombre de tables plus grand, le guéridon reste faisable dès que le nombre de tables est pair mais n'apporte rien, car on est à deux étuis par table et il sera difficile, faute de temps, de jouer plus de 13 positions.

 

Les simultanés

Les Mitchell simultanés (Roy René, Rondes de France, Atout simultanés...) sont très intéressants car ils permettent de se confronter à des centaines de paires. On dispose également d'un corrigé pour la totalité, ou une partie des donnes. Très généralement la première position n'est pas jouée, elle ne sert qu'à la "duplication" des étuis d'après les feuilles que l'organisateur distribue aux différentes tables. NS1 et EW1 vont donc distribuer et vérifier par exemple les donnes 1-2-3 etc.

A la fin de cette première position, les joueurs montent et les étuis descendent. Le tournoi fonctionne comme un tournoi ordinaire. A la fin il y a un classement "local", puis les scores sont envoyés par Internet pour établir le classement "national" qui peut réserver des surprises, écart de plusieurs % par rapport au local, ceci en fonction de la force des joueurs et surtout du déséquilibre NS-EW. Ce phénomène est étudié sur ce site, sur quelques exemples.

Deux particularités dans le cas d'un nombre pair de tables :

  • le déclenchement du saut doit tenir compte de la première position même si elle n'a pas été vraiment jouée ;
  • si le tournoi s'y prête, avec à la fois un nombre de tables pair et la première position non jouée, on peut jouer T-1 positions, ce qui fait que les EW vont revenir à leur table initiale, correspondant à leur numéro de paire. Le mouvement et le saut font que cela fonctionne : ni les EW, ni les NS n'auront déjà vu les donnes !

Le mouvement Hitier

Le Hitier est un Mitchell "normal" avec une technique particulière pour gagner une position. Elle est plutôt appliquée pour certains simultanés. Monsieur Hitier fut président du Bridge Club 13, à Paris.

C'est une astuce, applicable dans le cas de relais et de nombre impair de tables. Très précisément, 13, 17 ou 25 paires ! Cela paraît tout simple mais encore fallait-il y penser.

Exemple à 17 paires, 8 1/2 tables. Il faudrait neutraliser la première position, pour duplication. On pourrait en jouer 8 mais comme les EW seront en relais, c'est 7 positions effectives pour eux, et seulement 7 fois 3 = 21 donnes jouées, ou alors passer à 4 étuis par table, ce qui n'est pas très satisfaisant.

Grâce au mouvement Hitier, on peut jouer 9 positions (8 effectives pour EW) à 3 étuis. Le principe est de faire sortir tous les NS, et de demander aux EW de préparer les donnes pour lesquelles ils seront en relais. Les EW à la table maximale (9 dans l'exemple) s'occupent des donnes de cette table, (25-26-27). Pour les autres, ils s'occupent des donnes de la table "complément à la table maximale", dans cet exemple, EW1 font les donnes de la table 8 : 22-23-24, EW2 font celles de la table 7 : 19-20-21 etc. jusqu'à EW8 qui font les donnes 1-2-3. Quand tout cela est fait, on laisse entrer les NS et chacun se place pour la première position, qui est effectivement jouée : NS1 et EW1 jouent les donnes 1-2-3.

De même à 13 paires on pourra jouer 7 positions à 4 étuis par table, et à 25 paires 13 positions à 2 étuis ; dans les 3 cas, les EW jouent 24 donnes.

Le mouvement fonctionnerait aussi pour d'autres nombres comme 21 ou 29 mais n'a pas d'intérêt par rapport à une duplication classique lors de la première position..

Plusieurs sections

On pourrait techniquement faire un tournoi de 18, 19 tables et bien plus. L'inconvénient est alors que chaque paire affronte alors moins des deux tiers des équipes de l'autre diagonale. Les organisateurs préfèrent créer deux sections, voire 3 et plus. On parle improprement du Mitchell A, ou B... en fait il s'agit de sections, le Mitchell c'est l'ensemble.

Par exemple à 18 tables, on aura deux sections de 9 tables, le tournoi idéal !

Il faut évidemment, et encore plus qu'avec une seule section, veiller à l'équilibre de force des paires entre les 4 zones, NS A, NB B, EW A et EW B. Le programme le fait, quitte à échanger manuellement quelques paires en fonction des contraintes de santé.

L'organisation de deux ou trois sections donne beaucoup de souplesse. Par exemple l'existence et la position des relais dans les différentes sections sont indépendantes, de même le nombre de positions jouées et même le nombre d'étuis. Il peut arriver qu'une série d'étuis ne soit jouée que dans une seule section.

C'est ce qui se passe en simultané. Chaque club s'organise comme il l'entend et en fonction du nombre de tables.

Dans un tournoi de club où les donnes ne sont pas préparées, la première position est un peu laborieuse (et peut conduire à des erreurs si l'organisateur ne précise pas clairement le timing et la procédure). Les étuis doivent être de couleur différente entre les deux sections, de même les fiches ambulantes, ou en tout cas avoir un repère A et B bien visible.

Mettons qu'il y ait trois étuis par table. Deux vont être distribués et joués dans la section A, marqués sur la fiche ambulante de la section A, puis "duplicatés" c'est-à-dire que les deux étuis correspondants qui circuleront dans la section B sont donnés un peu comme dans un simultané comme ce qui vient d'être joué en section A, puis amenés à la section B. Le même manège est fait en section B pour le troisième étui : distribution, jeu, marquage puis duplication pour la section A. Tout ceci se fait bien sûr en parallèle dans les deux sections pour ne pas trop perdre de temps.

Si la duplication est faite à la main lors de la première position non jouée, mêmes remarques que ci-dessus pour les simultanés.

Le mouvement "bridge-café"

Le Bridge Club de Toulouse (comme d'autres clubs avant lui) a organisé en 2016 un tournoi où les tables sont dans différents cafés ou salons de thé, l'idée étant de faire découvrir notre merveilleux jeu au grand public qui pensent parfois que c'est un jeu guindé et incompréhensible. Toutes les paires se déplacent à chaque position.

L'expérience sera renouvelée en plus grand en 2017, en y associant d'autres clubs toulousains !

Plusieurs possibilités existent pour l'organisation. Nous avons retenu le mouvement Mitchell classique, avec plusieurs sections. La seule différence est que les étuis sont fixes, installés par les organisateurs dans les différents lieux. A chaque position les NS "montent" d'une table, et les EW de deux tables (ou 3 en cas de saut en milieu de tournoi). Vérifiez, ça marche... Chaque paire est munie d'une "feuille de route", c'est-à-dire son itinéraire avec les points de rendez-vous pour la première position, la deuxième, etc.

Une variante amusante dans le cas de plusieurs sections

Nous étions 76 paires dans une compétition. Cela fait 38 tables, que l'on pourrait répartir en 4 sections, de 10, 10, 9 et 9 tables. Pas mal, 27 donnes jouées compte tenu du saut dans deux des sections. Mais alors une série d'étuis (donnes 28-29-30) ne serait jouée que dans deux sections, les autres n'ont pas de table 10.

Les organisateurs du comité ont préféré 3 sections, de 13, 13 et 12 tables.

Oui mais... avec 12 tables, à cause du saut il faut 3 étuis par table, alors qu'il en suffit de deux dans les autres sections. Le tournoi serait très bizarre.

Une solution, ce serait une section de 13 et deux de 12 tables 1/2. Avec des paires en relais dans deux sections. C'est dommage de créer des relais alors que le nombre de tables est entier !

Encore plus fort, ce qu'on a joué : les deux sections de 12 1/2 sont imbriquées. C'est-à-dire qu'elles ont une table 13 commune, et quand les EW montent de la table 12 à la table 13, ils s'y rencontrent. Pour une section, cela ne change rien : les EW passent en EW table 11, 12, 13 puis 1, 2... Mais pour l'autre section, ils passent en EW11, EW12, NS13, EW1, EW2... C'est ce qui m'est arrivé, très étrange mais cela marche bien. J'en parle ici car c'était nouveau pour moi.

Il faut évidemment que le logiciel inclue cette option, ce qui n'est pas le cas des logiciels de club. Il faut aussi une gestion adéquate des étuis, puis qu'il faudrait en principe deux tables 13... Il doit y avoir un relais étuis, dans la section où les EW se transforment en NS ; c'est le relais classique à la charge de NS1.

 

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